[Terres du Son] Une finale de perdue, un festival de gagné

On avait entendu parler de Terres Du Son l’année dernière. Des potes y étaient allés et revenus tout foufous. Alors quand est sortie la prog’ cette année, on s’est dit que c’était notre tour. Avec un line-up complètement dingue et une couleur qu’on apprécie beaucoup (18 des 54 artistes sont dans nos playlists !), on s’est obligé à prendre la route du Domaine de Candé, dans la bourgade de Monts, à vingt minutes de Tours. Ah putain on a bien fait ! On est revenus usés, avec des jambes en béton armé et une barre à mine à la place du cerveau mais on est revenus contents. Terres du Son c’est éclectique, c’est des vacances, du soleil à gogo, c’est des rencontres, des pépites acoustiques, des shows must go on et aussi du love !

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VENDREDI, A NOUS LA BALLE :

Le premier concert programmé sur notre liste est sans aucun doute l’ami Cosmo Sheldrake, découvert aux Transmusicales de Rennes un an et demi plus tôt. C’était LE gars qu’on voulait voir, mais comme il passait à 17h15, qu’on avait deux heures et demi de route et qu’on est toujours organisés comme des branques, et bah on l’a loupé. C’est la merde, on y croyait pourtant. Bon tanpis, on aura le temps de se boire une Affli déjà tiède sur le camping, d’installer un duvet dans la tente du copain (on a pas la nôtre…) et de manger un sandwich avec du Comté Super U.

On fonce sur le site, on a nos badges bleus et jaune avec un gros M pour « Média », avec nos noms et LDCmusique écrits en dessous. L’accueil presse a été au top. La classe la vraie. On est déjà refaits. On rentre par le haut du site, juste à côté de la scène Biloba su laquelle commence déjà Biga Ranx. Le p’tit gars du coin et MC du reggae hexagonal dont la réputation n’est plus à faire a rameuté un bon paquet de festivaliers pour ce début de festoch’, faut dire que beaucoup l’admirent ici : « un mec super simple qui va dans les même bars que nous » me raconte un festivalier Tourangeau. Il chante « Paris is a Bitch » avec ses Friends sur scène et ça met bien tout le monde. Y’a pas à dire, la scène c’est son truc. On sent une vraie énergie de groupe à travers un live très communicatif. Ça commence bien, le public est aux anges et nous aussi. On vient de se rendre compte que Dewolff c’était en même temps, merde alors ils avaient l’air cool ces hollandais avec leur rock psyché débridé.

Il est 21h30 et c’est l’heure de traverser le site pour foncer jusqu’à la scène Propul’son, il y a Panda Dub et son Live Band qui devraient pas tarder. On apprécie au passage la déco et les espaces chill-out avec des toiles tendues, la taille du Chapit’ô bar, les bénévoles des pissotières sèches, la caravane de la Charcuterie Musicale (on y reviendra…) et une ambiance décontractée, souriez vous êtes beaux ! On entend déjà les basses du Panda. C’est la seule scène où on a le droit de prendre des photos derrières les barrières crash, alors on est grave benaises, fiers comme des coqs mayennais. Appareil photo à la main (spéciale dédicace à Marion), je bombarde la scène et le public. Le concert monte en puissance à mesure que la nuit tombe. Avec ses acolytes Mayd Hubb aux drums (The Blaze) et Bruno Berthier à la basse qui tabasse, le patron de la scène dub française fait sérieusement bouger la foule. On vit un live énergique et transpirant bien comme il faut.

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On commence à croiser pas mal de festivaliers avec des masques de Flat Eric sur la tronche, tu sais cette petite peluche jaune qui ne ressemble à aucun animal et qui fait un pied de nez à la police dans une pub Levis des années 1999 (tu peux aller surfer sur le net pour la trouver). C’est surement l’heure de Mr. Oizo ! On s’est pas trompé beaucoup de fans s’accumulent devant la scène Biloba. On s’infiltre aussi pour profiter du spectacle. Seul sur scène, ça démarre en trombe avec le bon vieux Flat Beat, tu sais le son de cette sais cette pub Levis des années 1999 avec une petite peluche jaune qui ne ressemble à aucun animal et qui fait un pied de nez à la police dans une pub Levis des années 1999… Toujours aussi efficace l’Oizo, ça tabasse bien mais à la longue ça devient répétitif, ça devient répétitif… On attendra quand même la petite voix qui fait « vous êtes des animaux », « vous allez crever », avant d’aller voir ailleurs si on y est. On s’est bien marré, mais on gardera l’image de Mr. Oizo alias Quentin Dupieux en tant que réalisateur, parce que là çà envoie vraiment du Flat, et on s’en lasse pas.

On s’est d’un coup souvenu que des copines nous avaient donné rendez-vous à un endroit apparemment méga fun. Ah oui c’est çà, la Charcuterie Musicale. D’accord on fonce alors. Bordel on avait bien fait ! On a littéralement été sciés en deux par l’ambiance de feu autour de la caravane rose. Du gros délire comme on aime. Une bonne trentaine de festivaliers sont en train de guincher comme des malades, et devant du Michel Berger s’il vous plait !! Le principe est simple, un buzzer, un chapeau de couleur, tu trouves, tu buzz. Un blind-test qui envoie de la fête ! Tu t’imagines bien qu’on a pas fait que regarder. Faut dire que DJ Halouf et son équipe de gros(ses) cochon(e)s ont du talent, il savent envoyer le sauce eux : Renaud, Spice Girls, Zebda, Queen, Balkan Beat Box ou encore Fort Boyard, peur de rien ! Et c’est çà qu’est bon !! Salut à vous, on repasse tout à l’heure.

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C’est presque la fin de la première soirée et vu qu’on aime bien la techno chez LDCmusique, c’était tout naturel de se diriger sous le grand chapiteau pour écouter Electric Rescue. On l’avait d’ailleurs vu le weekend précédent en compagnie de The Driver a.k.a Manu le Malin pour leur nouveau projet made in Astropolis. Il vient cette fois présenter son dernier album Parallel Behaviors. Faut savoir que ce gars est quand même un fidèle représentant de l’esprit rave originel et underground. Ça permet de se rendre compte de la générosité des programmateurs de Terres du Son rien que par la diversité de artistes présentés. Il y a beaucoup de monde sous le chap’ et visiblement pas mal d’amateurs de musique technoïde. Electric Rescue va nous livrer un live très abyssal, profond avec une atmosphère quasi sous-terraine. On a presque cru que les enceintes allait lâcher tellement les beats étaient puissants. On est arrivé en cours, mais on est restés jusqu’à la fin, c’était du costaud.

…un brin d’errance…

SAMEDI, C’EST LA MI – TEMPS :

Réveil 9h30 dans la Quechua bleue ciel. Au milieu du camping, entre la tonnelle bleue et le deuxième éclairage électrique, on a quand même bien dormi pour cette première nuit. Les concerts reprennent à 16h30 avec Hindi Zahra, le temps du petit déj’ à l’espace chapiteau du camping, formule croissant café jus d’orange à cinq balles et d’une grosse balade autour de l’Eco-village. Ne manques surtout pas cette étape on en a fait un reportage avec des cartes postales sonores juste ici : vas-y clique !

Okey c’est l’heure de retourner devant la scène GinkgoHindi Zahra est là et il est 16h30. Le soleil tape sérieusement. La franco marocaine est élégante, lunettes de soleil rondes et salopette jean. Elle assure un concert doux avec les morceaux Imik Si Mik et Beautiful Tango entre autres. C’est doux comme du coton, peut être même la douceur musicale de ce samedi.

IMG_9952Un p’tit tour par les toilettes où Gabrielle, Victor et Sarah m’accueillent avec un gigantesque smile. Mais vous faites quoi en fait ? « Nous on est l’équipe des bénévoles toilettes, on s’occupe de vider les poubelles, distribuer des cendars de poche et on sensibilise les gens au fonctionnement des toilettes sèches ». Car oui, Terres du son à mis le paquet de ce côté-là. Cigarette géantes dissimulé sur le site en guise de cendrier, un bon nombre de toilettes sèches, des chargeurs de téléphone solaire a la plupart des bars et une distribution de cendriers de poche pour chacun de nous. Alors forcément, dès qu’un festivalier jette son mégot par terre, Victor, bein il est au taquet, « Moi j’arrose les gens qui font ça, même ceux qui se plantent de poubelle ». Il est 17h30 et nos trois jeunes camarades en ont jusqu’à 3h du mat’.

Le concert d’Hindi Zahra à peine terminé s’élance le collectif Bareto sur la scène Biloba. Plus qu’à traverser de l’autre côté du Chapit’ô Bar. Le temps d’une évidente bière au passage, le groupe péruvien est déjà lancé et fait bouger tous les alentours comme jamais ! Efficaces les rythmes latinos. Que des smileyfaces du côté des festivaliers, un pur moment de bonheur que chacun peut exprimer à sa manière. Bah oui on apprends pas nécessairement à danser la cumbia en France alors forcément, çà donne parfois des déhanchés assez comiques… En tout cas, personne ne semble déçu du voyage. Les musiciens et leur chanteur ont retourné la foule et tout le monde semble conquit ! On a pu avoir quelques retours de festivaliers qui résument bien la fiesta : « découverte de Terres du son, complètement incroyable ! Ça fait danser comme jamais ! » nous balance Bastien. Et pour illustrer la chaleur de dingue qu’a procuré ce concert Lucie ajoute que « même s’il pleuvait on aurait eu notre petit soleil ! ».

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Hé ! Pas de temps à perdre il y a The Souljazz Orchestra à ne pas louper ! A ce qu’il parait ils vont nous rendre complètement dingues. On connaissait un peu et on se doutait que ça devait envoyer du pâte sur scène, alors on a retraversé le site avec une bière jusqu’à la scène Propul’son (c’est celle où on a le droit faire des photos derrière les crashs !!!). Super cool on arrive à l’heure. Et Bim ! Nous voilà partis dans un tourbillon de rythmes soul, afro, jazz, antillais et latins qui cassent la baraque ! Les canadiens nous embarquent littéralement avec leur groove imparable et leur section cuivre dévastatrice ! Ça te retourne tout le monde là-dedans l’énergie est énorme vraiment, tout le monde est scotché c’est une tempête qui s’abat sur la petite scène. La musique a pénétré dans tous les corps et nombreux sont dans un état de transe semi-avancée. C’est pas des blagues mec. Totalement crazy ce concert. En plus de çà le rappel était survitaminé. C’est le public qui a choisi le dernier morceau en chantant l’air qu’il voulait. Incroyable ouai. Bon entre temps on s’est fait virer de derrière les barrières car l’autorisation était seulement pour les trois premiers morceaux… A l’attention de l’équipe Presse, nous présentons nos excuses au nom de LDCmusique par la présente. On savait pô nous.

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Un des géants du hip-hop français devrait débarquer sur scène alors on va jeter un coup d’œil. Oxmo Puccino sait rassembler les foules, petit ensemble pantalon-veste bleu ciel (comme la tente Quechua), beaucoup souhaiteraient le même c’est sûr. Assis ou debout, on sens le plaisir de chacun à se laisser emporter par les contes du poète. On en profite pour retrouver les copains perdus aux quatre coins de la prairie. A 21h30, on avait envie de guincher et de tester un peu nos guibolles qui s’ennuyaient déjà depuis la fin du Souljazz Orchestra On s’est dit que l’énergie débordante d’Emir Kusturica et sa bande du No Smoking devait s’imposer. Encore une fois, le live est ultra-festif, jovial, amical, on a envie d’embrasser le ciel et ses copains. On adore çà la musique balkanique nous. Une guinguette géante, ça nous fait un peu rêver.

Une heure plus tard, le rap fait son retour sur la scène Biloba avec les Casseurs Flowteurs en les personnes d’Orelsan et Gringe. En plus d’ASM sous le Chapit’ô en même temps qu’ Oxmo, c’est bel et bien le hip hop qui est mis à l’honneur en ce début de soirée. La foule à bien compris que ces deux là cartonnent en ce moment. On a vraiment le sentiment que tout le monde s’est donné rendez-vous pour ce concert, un monde de fou. Jamais Terres du son n’avait vu autant de monde pour un seul et même concert et c’est Morgane, originaire de Monts qui me le dit : « Ça fait quand même dix années de suite que je viens devant cette scène et j’ai jamais vu çà ». Avec DJ Pone aux platines, ils occupent la scène merveilleusement bien, Orelsan et Gringe nous offrent un sacré saut en arrière. Les soirées beaucoup trop alcoolisées, les colocations bordéliques et les bons vieux repas à base de graisse. Notre passé universitaire de branleur quoi ! Et ces deux branleurs là ont dépassé la trentaine mais parlent encore de cette période avec succès. Ils n’hésitent pas à violer des CD’s en live avec une haine de malade (« La mort du disque ») et en placent une pour tous les rapports tendus entre ton meilleur pote et ta meuf avec « Change de pote ». Un live généreux en somme. Une générosité que le public leur redonne en chantant les morceaux par cœur. « Des histoires à raconter », çà ils en ont les p’tits pères.

Ah ce bon vieux Etienne, figure historique de la French Touch, la dernière fois qu’on l’avait croisé c’était avec son Super Cube aux 3 Éléphants en 2009… Autant dire qu’on avait hâte de voir ce qu’il nous avait concocté pour ce soir. Etienne de Crécy était là pour présenter son Super discount 3 en live, un bon mélange des deux volumes précédents, entre funk groovy et électronique froid. Côté scénographie et visuels, c’est nettement moins impressionnant. De Crécy opte pour une structure qui indique en gros caractères « SUPER DISCOUNT » et qui occupe une bonne moitié de l’espace scénique. Pas d’effets de lumières démesurés ni d’artifices dernier cri. Je dois dire que j’ai en revanche complètement été embarqué par son live plus que bien rôdé. Tout s’enchaîne à la perfection et est résolument fait pour te faire danser. Même si tu veux pas, t’auras pas le choix. Le show débute par le côté électro qui tabasse direct et se glisse petit à petit vers une atmosphère plus fraîche qui groove à balle vers l’explosion avec les fameux titre « Love » et « Family ». Un pur moment d’amour, assurément.

On est ressortit tellement contents après ce live qu’on s’est instinctivement dirigé vers la Charcuterie Musicale pour finir en beauté. DJ Halouf nous a bien fait vibrer encore une fois devant Rosita la caravane rose. Les fans sont de plus en plus nombreux, y’en a même un qui s’invite à l’intérieur pour faire coucou à ses copains. Il s’est gentiment fait virer par les cochons de la Charcuterie. Une allure de grande scène cette caravane on te dit ! Cette fois ci on a gagné une bière et le badge officiel de la Charcuterie. Méga fun on pourra revenir en guests demain.

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DIMANCHE, GOAAAAAAAAALLLLL !!!!! :

Ça y est, on entame le dernier jour. Le 3ème, celui où tu fais résolument parti du paysage. Tu connais tous les recoins du site et deux fois sur trois les visages des festivaliers sont familiers. Tu es habitant de Terres du Son et ça se voit : t’as les chaussures poussiéreuses, la gueule enfarinée, t’as plus de clopes dans ton paquet de roulées et de tu te grattes les mollets (quelques moustiques résident aussi dans le quartier).

Après une escapade miam-miam-repos autour de l’Eco-village, on fonce un peu moins vite que d’habitude sur le site. On est usés là, mais on garde la pêche. Sous une chaleur vraiment chaude on assiste au concert de Kacem Wapalek. Venu conter son dernier album Je vous salis ma rue, Kacem offre un spectacle atypique et réjouissant. Il rappe, il cause, il parle ; décrit ce qu’il sent ce qu’il ressent pendant et entre chaque morceau. Il joue avec les mots tel un jongleur avec ses balles. Sacrément loquace, mais comique à la fois, Kacem est une espèce de poète funambule… Merci l’artiste, on se voit tout à l’heure pour l’interview.

On a vu Naâman de loin. Ce mec a une ouache sur scène ! Impressionnant. En plus de çà il à l’air super cool. Pas étonnant qu’il y avait plus de la moitié de la prairie devant son concert. Full respect. Jah love. On a aussi croisé General Elektriks qui était en train de démonter la scène Biloba avec son clavier rouge. Je me souviens avoir été surpris par le côté guitares électriques saturées et la puissance sur scène. Je m’attendais pas à çà. Ni d’ailleurs à ce chevaucheur de dinosaure croisé juste après. La chaleur et la fatigue me joueraient-elle des tours ?

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Après quelques aller-retours entre les scènes, l’espace presse et le bar de l’espace presse, on y arrive enfin. LA FINALE DE LA COUPE D’EUROPE DE FOOT BORDEL ! Il est 20h45 et doivent débuter Jain et Cunninlynguists, que faire ? On s’est longtemps tâté à sortir du site pour aller squatter le bar de Monts et regarder la finale. Finalement on décide de rester, ça serait trop con d’arrêter tout ce qui se passe ici.

Et puis il fallait la voir Jain, cette nana de 24 ans qui, seule sur scène, parvient à faire danser quatre mille personnes jusqu’à l’euphorie. En plus elle est arrivée avec un drapeau français et a promis a son public de lui annoncer s’il y avait des buts. Cool. Elle est hyper à l’aise sur scène et elle sait jouer avec son public alors forcément, ça fonctionne bien. Par contre j’ai parfois eu la sensation d’être à un concert de minettes, j’avoue être resté uniquement pour les trois premiers morceaux mais bon quand même… Ça doit être à cause des trois groupies qui sont passées devant moi en courant vers la scène à ce moment en criant : « FESTIVAAAAAAAL !!! « . Autre chose aussi : Jain a une énergie certaine, mais sa musique est peut-être trop pour elle seule sur scène. Cette première mi-temps était de qualité mais il a manqué quelque chose, d’autres musiciens surement. Pas évident de se la jouer seule en finale en même temps. Bref première mi-temps un peu décevante alors on a pas traîné et on a foncé sous le Chapit’ô voir Cunnin‘, en espérant y voir des buts…

Attention changement de décor, en deuxième période les mecs sont quatre sur le terrain, dont trois MCs en pointe. Petit public mais grosse ambiance ! Tiens c’est marrant il y a beaucoup plus de gars ici. On débarque au son de « Beautiful Girl« , le pied. Fidèles à leurs réputation, c’est un gros live énergique et sans transitions que les Cunninlynguists nous livrent. Le concert termine avec « Never Come Down« , on apprécie ne rien encaisser mais va falloir que The Shoes passe à l’attaque sur la grande scène si on veut pas perdre cette finale.

Entre temps on va faire la rencontre de Lili et Jo, un super couple de bénévoles barmaid/barman a qui on a tenu la grappe un bon moment. Ils viennent tous les ans de Toulouse exprès pour Terres du Son. Spéciale dédicace à eux.

Tiens The Shoes est là. Il y a même deux des musiciens qu’on le maillot de la France. C’est a priori du rock électronique, mais on sait bien que ça veut pas dire grand chose alors on est impatients. Hé mais ils balancent le match avec le vidéo proj ! Euuuuh mais c’est trop bien çà ! Oh putain mais c’est que ça envoi du lourd en plus ! Je pensais pas qu’ils étaient si punk ces mecs là.  Chuck Noris, Nabila, canards en plastique, Dawson, une bande de jeunes bourrés sur Youtube et même Michael Jackson, tous côtoient Griezmann et sa bande sur l’écran géant de The Shoes. Jamais vu de visuels aussi dingues. Bravo les gars, c’est fat et fun à la fois.  Que des images complètement loufoques se succèdent et s’emboîtent à un rythme effréné. C’est moche mais habile et d’une redoutable efficacité ! Jusqu’à la fin, c’est du grand art en direct. Merci ! Vous avez réussi à faire d’une finale plutôt fade une finale inoubliable ! Bravo à vous !  On est sur le cul. La France a perdu, mais The Shoes nous a fait gagné. On était en train de se rendre compte de la chance qu’on avait d’être là, alors que certains étaient surement en train de chialer au bord d’un trottoir parce que le Portugal s’en allait vainqueur. Nous, on avait le droit de faire la fête, et ce qui nous attendait en valait le détour.

On est parti fêter tout çà avec notre ami Guts, qu’on avait rencontré en interview trois heures plus tôt. Avec son acolyte Leron Thomas et ses musiciens, le live band est l’expression la plus groovy de ce que peut offrir le hip-hop. Guts impressionne toujours, l’instrumentalisation est soignée, c’est tropical et chaleureux, c’est convivial et çà donne envie de danser. « PURA VIDA » comme il dit toujours !  Le live se terminera par le désormais culte « And the livin is easy » : chacun peut ressortir avec un sourire jusqu’aux oreilles et résolument déterminer à kiffer le moment présent. La défaite est déjà loin derrière…

On s’attendait encore moins à ce qui allait suivre. Ça faisait très longtemps que je voulais voir Rone et je l’avais toujours loupé. Me demande pas pourquoi c’est comme çà. Il était venu jouer son dernier album Créatures et son EP Voodoo. Ce fut la grosse claque du weekend. Rone a donné à la foule un live entier et personnel. Haut perché sur une sorte de soucoupe volante en guise d’estrade, on aperçoit seulement sa silhouette à contre jour derrière un panel de light impressionnant. A travers une mise en scène très fine et des visuels oniriques, Rone nous embarque avec lui, dans son univers. Sorte de prophète du rêve, il émerveille le monde et nous les premiers. Son morceau Parade est incroyable. J’ai rarement vu autant de sourires et d’yeux fermés pendant un concert, il y a beaucoup d’amour là-dedans et ça se ressent. Les festivaliers sont comblés et moi j’en ai presque chialé. On est rentré dans un monde, on va pas y sortir de suite et c’est tant mieux.

Le site ferme à trois heures du mat’, on pourrait aller faire un tour à La Charcut’ Musicale non ? C’est sur le chemin… Tiens tous nos copains sont là çà tombe bien. Quelques bonnes parties de buzzer endiablées, des swings sur le dancefloor poussiéreux et BIM ! Le clou du spectacle, le point de la victoire, notre BUT à nous : on gagne la compil’ officielle de la Charcut‘ !!!! On pouvait désormais s’en aller fiers et sereins à la fois. La finale était gagnée pour nous, le festival nous l’avait prouvé.

Crédits Photos : Jonas Landais, Tristan Johan

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Milou

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