Un Lendemain avec… Kacem Wapalek

Kacem Wapalek fait de la magie avec les mots, il les retourne, les assemble, ajuste ses phrases sur un flow phénoménal car Kacem Wapalek est un poète. Sur CD, mais également sur scène. Programmé sous le Chapit’ô des Terres du son le dimanche après-midi, l’occasion était parfaite d’aller vérifier nos louanges sous un bon vieux cagnard. De l’énergie, Kacem en a et la partage. Après avoir balancé des dizaines de freestyles en mode webcam sur internet, il défend un album, son album, le premier d’une longue série ? Sur scène, Kacem, accompagné de Dj Blaiz’ ne fait que confirmer notre éloge à son égard. Il nous fait (re)découvrir « Des chiffres et des lettres » a capella et on s’aperçoit très vite que ceux qui ne le connaissent pas, le regarde avec stupéfaction, oui Mr Wapalek envoie du lourd, terminant son concert par le morceau Comme d’hab’, en featuring avec Nemir. Chapeau rond et joint à la main, Kacem Wapalek nous rejoint un petit moment après son live. A ce sujet, on aurait aimé un petit retour à chaud !

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Salut kacem, ça fait maintenant 1h30 que tu as joué sous le chapiteau de Terres du son, ce n’est pas évident de jouer aussi tôt à un festival (il passait à 16h), tes impressions ?

J’étais inquiet de voir que je jouais le jour de la finale de la coupe d’Europe. Je me suis dit que tous les footeux seraient devant leur poste si je jouais la nuit, ça serait tendu et puis non, c’était très cool. Quand il fait encore jour, les gens se voient ça peut refroidir certains mais là, comme on est dans un cadre de festival sur trois jours, les gens sont chaud de la vieille, ils sont sur place depuis un moment donc ils sont bouillant. Ils nous ont fait un accueil tonitruant, un accueil de feu dès le premier morceau. Je pensais ramer les deux ou trois premiers titres pour les mettre dans notre délire et puis non, d’entrée de jeu, ils étaient chaud et en plus de ça, nous étions dans de bonnes conditions techniques, sonores et scéniques donc parfait pour se lâcher et ils l’ont ressentis. On était bien avec ce public et il était bien avec nous, un vrai échange c’est installé en mode festival avec beaucoup de gens qui chantaient avec nous mais aussi une grosse partie qui ne nous connaissaient pas et qui nous découvre au passage.

Tu communiques énormément avec le public, c’est quelque chose d’important pour toi?
On présente les morceaux avant de les faire, on déconne des fois, on parle avec eux, j’essaye de leur faire autre chose que genre « en haut à gauche et en haut à droite ».
C’est aussi une manière de présenter qui on est et notre univers au delà des morceaux. Aussi de ne pas se prendre la courgette et de ne pas se prendre trop au sérieux non plus. C’est important de faire preuve d’autodérision à des moments et surtout de dire des choses parce qu’il y a des messages en dessous, même si ça semble être une blague à la con là où elle est placée. J’aime bien le côté, tu sors d’un concert de rap avec un gros smile au bec, c’est quand même cool. Le public, ça les changent et nous même ça nous fait plaisir.

Comme tout les interviews se ressemble, on a décidé de jouer un peu : « Joue ta carte LDC ». Tu as des cartes en face de toi, sur certaines d’entre elles, tu auras des questions, sur d’autres, une note de musique. La note de musique signifie que tu dois nous balancer un son ou un album que tu écoutes en Lendemain de Cuite. En gros, tu fais ta playlist, et l’interview prend fin quand tu as retournés 3 notes. C’est parti !

Carte LDC : Un prono pour le match de ce soir ? (Portugal – France, finale Euro) :
Je ne suis pas trop du style à dire que si j’étais de là, j’encouragerais telle équipe et si j’étais du nord j’encouragerais une autre tu vois mais j’aime bien le foot. Si ce n’est pas un match bidon, l’équipe qui aura fait le plus beau match sera la gagnante, même si ce n’est pas toujours le cas. J’ai pas eu trop le temps de suivre mais allez, c’est cool si on se gagne une p’tite coupe d’Europe, une finale, on leur prend 2-1, il ne faut pas que ça se termine sur des pénos. Là je suis vraiment dans mon festoche, je vais avoir du mal à aller scotcher sur le match mais je vais jeter un coup d’œil.

Note de musique LDC :
Uhhm je n’en sais rien, je réfléchis… Kacem Wapalek, je vous salis ma rue (rire)

Carte LDC : Ton pire Lendemain ?
Aujourd’hui ! (rire) naann je ne sais pas ! Ça devait être un jour de l’an ou un truc comme ça. Un truc sale, un truc où le lendemain a lieu pendant la soirée, tu vois le genre de réveil ? Nan mais après, je ne me la mets pas particulièrement. Ce n’est pas quelque chose que j’apprécie. Je ne cherche pas le KO ni rien et puis je ne peux pas le faire en festoche. J’ai toujours une petite puce dans la tête qui me dit non non coco, tu montes sur scène après, calme ! Je suis d’abord là pour faire du son donc ça ne m’arrive pas trop sur les festoches. Le week-end, je suis sur les routes donc je ne peux pas trop me la mettre non plus. J’ai pris cette habitude de ne pas me cuiter, de jamais être dépassé par le truc à en tomber malade, du coup j’évite un peu et j’arrive à rigoler sans !

Note de musique LDC :

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Ce que j’adore écouter, c’est l’album de mon DJ « Appelle moi Mc Volume 2 » que je vous conseille. Un 20 titres, voir plus, avec les intros et tout. C’est cool car ça réunit que des morceaux exclusifs à cette compil’ qui sont nuls par ailleurs et qui ont été créés spécialement pour ce projet là. Ça réunit à la fois des morceaux de Lino d’Arsenik, de Flynt, ou encore de Nasme comme des moins connus aussi, toujours avec un souci de qualité et de créer des feats entre deux artistes qui n’en avait pas encore fait ou les deux univers peuvent bien se mélanger. Je vous encourage a l’écouter.

Et la rencontre avec Dj Blaiz justement, tu peux nous en dire plus?
Elle s’est faite scéniquement. On a beaucoup de potes en commun aussi mais ça c’est fait sur scène à l’époque où  moi je balançais mes p’tits sons tout seul avec mon ordi. Durant un live, il était là à balancer du son pour le groupe d’avant ou après moi, je sais plus trop et il m’a proposé (ou je lui ai proposé) un truc puis on a fait un premier set ensemble. Par la suite, on s’est recroisé, en fait, ça s’est vraiment fait de fil en aiguille.

Carte LDC : Je vous salis ma rue ? Ça fait référence à un poème de Prévert de 1954 (je crois, faudrait se renseigner d’avantage). C’est très bien et j’aime le côté contrepèterie, la référence qui est faite côté littérature et côté rue aussi avec la figure de style et la légèreté qu’il y a dedans. Ça résume ce que je voulais mettre dans l’album. C’est le titre de mon premier album et je suis content de ce titre un peu long comme j’ai toujours dit que j’allais faire. Ce n’est pas le titre d’un morceau ou quoi, c’est vraiment le titre de l’album comme je l’ai voulu et ça fait référence à plein d’univers et plein de choses qui sont dans cet album.

Carte LDC : Combien de perso dans le bus pour la tournée ?
Ça dépend, il y a des lives que l’on fait avec mon groupe de musiciens, on est sept, parfois huit, parfois en bus, des fois on vient chacun avec des moyens différents car on n’est pas des même villes. Avec Blaiz’, la configuration est plus simple, on est deux en mode cool on essaye d’être le plus léger possible, de pas ruiner un orga qui nous programme en frais de fonctionnement à la con pour aller dormir je ne sais où. Si je veux me faire plaisir, je prends un week-end et je pars en vacances tu vois ? La je suis venu faire un concert et pas faire la princesse. Les hôtels, le peu de temps qu’on y passe, on y reste deux heure, un 4 étoiles, ça nous servirais a rien, au contraire dans la mesure du possible j’essaye que ça ne parte pas en frais ridicule qui ne servent à rien !

Note de musique LDC :
un p’tit Nina Simone, en mode c’est dimanche, il fait beau !

La playlist de Kacem Wapalek !

 

Crédit photo : Tristan Jh

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