[Interview] El Freaky Colectivo

A l’occasion de l’année France-Colombie, le festival Au Foin de la Rue (Saint Denis de Gastines, Mayenne) a invité pas mal d’artistes et groupes colombiens à venir se produire sur place. On y est allé, on a kiffé, et on en a profité pour rencontrer « El Freaky Colectivo », un des groupes les plus festifs de Bogotá !

Vous jouez à 23h15 ce soir, comment vous le sentez ?
Cami Ranks (Dj) : Bien ! On est très heureux car c’est la première fois qu’on vient jouer ici. Les attentes sont grandes et on sait que les gens de ce côté du continent sont très intéressés par ce qu’on fait et se bougent pour çà. Il n’y a pas de préjugés et ils dansent, et ça c’est bon.
Andrés Shaq (Vj et Mc) : On est un peu stressés même si le lieu est vraiment sympa et super agréable… mais je crois que la fiesta va bien prendre avec les colombiens ici !
Fat Sugar Daddy (Coordination et Visuels) : On est très contents et on vient avec toute notre bonne énergie. On va voir comment ça se passe avec notre nouveau show.
Mike Style (Dj) : On est vraiment très heureux d’arriver avec cette nouvelle opportunité de jouer. On était à Paris hier (au Latin beat Machine, ndlr), on est passés par l’Angleterre et l’Espagne… Maintenant on est en France pour le weekend après on va en Suisse… Et dans chaque endroit où on passe on laisse une saveur colombienne, la musique de chez nous et plus largement l’esprit latino-américain.

On ne connaissait pas « El Freaky » avant de voir la programmation du Foin de la Rue. D’où vous vient ce nom ?
CR : On organisait ce qu’on appelait le « Freaky Friday », un événement qui avait lieu une fois par mois à Bogotá. Avec le temps on a commencé à jouer de plus en plus et pour ne pas mettre de confusion et pouvoir jouer un mercredi, un jeudi, ou un samedi on a décidé de changer en « El Freaky Colectivo ». L’idée de « colectivo » (collectif, ndlr) était importante parce que chacun à un rôle bien distinct dans ce collectif d’arts visuel, musical et de fête !

Il y a plusieurs styles et influences dans votre musique. Comment vous définissez votre univers, votre identité ?
FSD : On ne joue pas sur un style en particulier mais un mélange de beaucoup de choses. Il faut dire qu’on s’est fait une promesse, celle de jouer sans complexes. Cela permet de ne pas mettre de limites et ne pas savoir jusqu’où peut aller notre musique. Indiscutablement on a une grande influence de la musique caribéenne, de la « heavy bass » et jusque là on a travaillé avec des personnes qui font de la cumbia, avec des grands artistes de reggae, de dancehall ou de hip-hop. C’est pour cette raison qu’on aime pas être étiquetés. En fait ce qu’on fait c’est de la musique de fête et ce qu’on promet c’est la fête !
CR : Quand on a commencé ce projet, du point de vue de la production, on a toujours été d’accord sur un style que nous apprécions tous et qui est le dancehall. Mike est DJ de dancehall depuis longtemps, Shaq aussi. Et on s’est toujours laissé la possibilité de travailler avec des artistes afro-jamaïcains, tout en restant dans l’idée qu’on est des artistes colombiens qui jouent de la cumbia, de la champeta et tous les rythmes caribéens. C’est ce qui fait le côté multiculturel et génial de « El Freaky » !

« El Freaky » est très festif, comment le vivez vous sur scène et avec le public ?
AS : En effet on s’est toujours présentés comme des artistes faisant la fête, et ça n’a jamais changé ! Faire cette fête dans différents endroits du monde est ce qui est super car elle se partage toujours ! Elle doit être vivante, joyeuse, les gens doivent pouvoir sauter, crier et se lâcher. C’est une communication entre le public et nous.

Aujourd’hui en France et plus largement en Europe il y a un fort engouement pour la musique sudaméricaine et la cumbia digitale comme celle de ZZK Records (Nicolas Cruz, Dengue Dengue Dengue, Animal Chuki…). Comment l’expliquez vous ?
CR : Grace à ZZK et à Chancha Via Circuito, Frikstailers, El Remolon… la cumbia digitale s’est ouverte comme une nouvelle scène et avec le temps s’est intégrée à un niveau mondial. Cela a permis aussi de mélanger différents genres musicaux, du Pérou à l’Argentine en passant par les Caraïbes. C’est aujourd’hui un grand mix qui va même au delà de la cumbia digitale. En Colombie on a Bomba Estéreo, Chocquibtown, Sistema Solar… Jusque dans différents pays du monde, la langue espagnole a conquis beaucoup de styles et s’est développée autour d’un mouvement devenu très large. D’ailleurs le reggaeton s’est bien imposé au niveau mondial. Aujourd’hui tout çà fait partie d’un mouvement qui relève plus du « nouveau pop ». Ce n’est plus quelque chose d’exotique mais cela fait partie d’une nouvelle réalité qui se danse dans n’importe quelle partie de l’Europe.

Et alors quelle invitation pour le public d’au Foin de la Rue ce soir ?
CR : Qu’ils s’hydratent bien et boivent beaucoup d’eau parce qu’ils vont transpirer au rythme du Freaky Colectivo !

Propos recueillis par Tristan Johan. Crédits Photos : Tristan Johan

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Milou

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