[INTERVIEW] Un lendemain avec… Polo & Pan

Nous avons eu la chance d’interviewer Polo & Pan, dimanche soir, dernier jour du festival Terres du son. C’était après leur concert sous la scène Chapit’ô. Ils nous ont reçu dans leurs loges, détendus, pression retombée, avant de repartir sur la route des festivals.

On est très heureux de vous interviewer ce soir pour LDCmusique, il est 22h30, votre concert s’est terminé il y a 1h30, comment ça s’est passé ?

Pan (Alex) : On a vraiment kiffé ! On entend que le public continue de kiffer, il y a une grosse ambiance pour Petit Biscuit. Les gens ont compris notre concept, il y avait un rythme, on était sur la même longueur d’onde. Quand nous on montait en puissance, ils montaient avec nous, c’était agréable de voir qu’ils comprenaient ce qui se passait !

Polo (Paul) : On a passé un très bon moment, avec un très bon public sous le chapiteau. Cette chaleur tropicale était là !

Pan : Généralement après deux jours de festival, les gens ont déjà beaucoup donné. Mais on a vu qu’ils étaient quand même très présents en énergie.

On est un peu tous en lendemain de cuite aujourd’hui, pas vous ?

Polo : Il y a du LDC Dans l’air,

Pan : Oui, complètement LDC !

Qui est Polo, qui est Pan ?

Paul : Je suis Polo.

Alex: Moi être Pan. Est-ce que ça t’aide ?

Votre musique interpelle beaucoup l’imagination. Vous jouez dans un monde psychédélique et tropical ?

Polo : C’est l’’univers que l’on a créé, que l’on travaille avec Alex. On s’est découvert l’un et l’autre des passions, des maraudes, des choses qui nous obsèdent un peu en commun. La musique désuète, la musique tropicale, le Brésil… Il y a pas mal de choses ! On était DJ ensemble au Baron et quand on s’est mis en studio ensemble, on s’est découvert sur d’autres façades, sur la musique classique que l’on adore. On aime jouer aux échecs en écoutant Debussy, Ravel. Ce sont des choses que l’on a envie d’explorer. Ce sont des terrains un peu vierges dans la musique électroniques, il y a peu de gens qui passent par ces chemins là.

Depuis quand travaillez-vous ensemble ?

Pan: Cela fait cinq ans que l’on travaille dans notre petit laboratoire, sans se donner d’objectifs vraiment jusqu’à l’album. On a toujours créé, évidemment on l’a figé grâce à des EP. Un jour, on s’est dit qu’il était temps de faire un album car on a une histoire à raconter, avec des vrais fantasmes que l’on a écrit. Ça va être une trame narrative, un peu comme nos morceaux. Le but est toujours de prendre du plaisir en studio, de répondre à nos fantasmes musicaux. On a énormément d’influences de musiques différentes, comme on peut le voir dans l’album. Il l y a des choses un peu plus froides et des choses très solaires avec pour but de rendre le tout cohérent. On a écrit et on a fait caravelle.

Marguerite & Victoria, les chanteuses qui étaient présentes sur scène lors du concert sous le chapiteau ce soir. Sont-elles là depuis le début ?

Polo : Oui, il y a eu un premier EP, Rivolta, et elles ont chanté Dorothy. Ce sont des amis d’Alex et ont intégré le projet rapidement, elles ont co-écrit, retouché le texte avec nous. Elles ont toujours fait parties du projet. C’est le duo de femmes qui répond bien à notre duo Polo & Pan.

On pouvait se demander si elles existaient aussi en concert, et j’ai été ravie de voir que oui !

Pan : Elles existent vraiment, on base aussi notre duo sur un Ying et un Yang, c’est-à-dire que l’on attache aussi beaucoup d’importance à l’altérité, ce que l’autre amène à l’un, les questions réponses et ces filles sont elles-mêmes des ying et des yang entres elles donc ça fait un « quatro ying yangu » ! Les quatre points cardinaux.

Comment arrivez-vous à recréer le côté féérique en festival, car on vous connaît davantage en club ?

Pan : Le live a été créé en même temps que l’album car on voulait vraiment délivrer cet album et le faire découvrir au public. Le festival est un super moment pour la découverte d’un album. On essaie d’être assez fidèle car on est plutôt des gens de studio que des performeurs. On essaie donc de trouver une façon hybride d’amener nos morceaux quand même de jouer beaucoup de choses, de faire chanter.

Polo : Pour créer la féerie, comme l’album, on a story-boardé notre live. On l’a écrit comme une histoire, il y a comme une délivrance à la fin, il y a un peu des péripéties, à un moment ça s’énerve ça monte. On aime bien la dimension du film, c’est quelque chose qui nous parle vraiment et le live se déroule un petit peu comme ça. Le live est réfléchi comme un spectacle, ce n’est pas un concert où l’on joue de tous les instruments, c’est plus un spectacle avec un dénouement à la fin qui finit un peu l’histoire de féé.

Vous avez en tout cas réussi à embarquer tout le public dans votre monde féerique, merci ! Vous sillonnez les festivals cet été. Quelles sont vos impressions sur Terre du son ?

Pan : C’est super ! Petite frustration c’est qu’on va pas avoir beaucoup le temps de découvrir, on arrive à la fin du festival. On doit repartir, mais on a fait un tour tout à l’heure, juste après le concert. On adore aller voir les gens, l’âme du festival. On est allé se balader, on a kiffé, mais on aimerait rester un peu plus longtemps revenir un peu plus tôt, c’est peut-être la frustration !

Allez-vous avoir le temps de voir d’autres concerts ?

Pan : Là je suppose que c’est Petit Biscuit, on entend la ferveur derrière qui en émane et on va surement aller y faire un tour avant de rentrer !

Au vue de votre univers, si vous deviez venir d’une autre planète, d’un autre monde, d’ou viendriez-vous ?

Pan : Il faudrait l’imaginer justement, on adore inventer des destinations, mêmes celles qui existent déjà. On prend souvent l’exemple du Brésil, qui est une destination que l’on adore car on en est vachement influencé, mais on y est jamais allé. En fait, on l’imagine cette destination.

Polo : C’est dur de choisir, il y a plein d’époques qui nous inspirent, plein d’endroits, l’espace, les fonds sous marins que l’on adore. Et aussi les époques, l’antiquité par exemple. Ce sont pour nous plein de points de départs pour créer des chansons, donc c’est dur de choisir un seul endroit. On viendrait de plein d’endroits avec une machine à voyager dans le temps et dans l’espace qui s’appelle Caravelle.

L’inspiration tropicale qui vous habite est aussi très à la mode en ce moment. D’où vous viennent ces inspirations ?

Pan : C’est vrai que c’est une mode, mais ça nous habite depuis longtemps, on a fait beaucoup d’aller-retour au Mexique. L’Amérique Latine nous a toujours guidé et on adore la musique du soleil, ça peut aussi être l’Afrique. En tout c’est là où la lumière est inspirante

Polo : Il y a aussi le Maghreb ou le Moyen-Orient, peut-être pour une prochaine proposition ?

Avant de se quitter, vous écoutez quoi, Polo & Pan, en Lendemain de Cuite ?

Pan : Beaucoup de musique classique, clairement on est de grands fans ! On pourrait en citer plein, mais c’est vrai qu’en ce moment je suis complètement bloqué sur Maurice Ravel. On écoute tellement de musiques structurées dans les boîtes de nuit ou les festivals avec des rythmiques très définies, qu’on aime aussi les choses avec des silences structurés. La musique classique est souvent très agréable et très inspirante.

Polo : On peut aussi écouter la playlist de Radiooooo, qu’Alex a co-créé avec des potes, radiooooo.com, un concept de musique que l’on choisit selon la partie du monde et l’époque. Ça peut être l’Italie des années 50, le Brésil…

Une petite douceur musicale que vous écoutez en ce moment ?

Pan : Une douceur de lendemain de cuite, on aime aussi les vieilles choses. Moi je dirai « mon voisin » d’Isabelle De Funès.

Polo : Ça c’est un des morceaux que l’on a en commun, et moi y’a « my own home » du livre de la jungle, c’est la chanson de la fille quand elle va remplir le pot d’eau. Et c’est une musique qu’on aime beaucoup, qui nous poursuit un peu !


Merci pour ces découvertes. Vous savez, on m’appelle aussi Mme Paillette. Ça vous dirait d’avoir un peu de paillettes pour la fin du festival ?

Polo & Pan : Un point symbolique d’accord, un point sur le front, un troisième œil alors !

Propos recueillis par Valentine Vilboux

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