[REPORT] Terres du son, le festival où t’as pas le temps de t’ennuyer

Jour 1

Vendredi 7 juillet. 17 h 30. Un grand soleil inonde la ville de Monts, à quelques kilomètres de Tours, où a lieu le festival Terres du son. A la sortie de cette petite ville, nous passons sous un pont. Un choix cornélien s’impose. Gauche ou droite ? A droite, c’est la route qui mène à l’entrée réservée à la presse, aux invités et aux artistes. A gauche, celle des festivaliers. C’est décidé, on tourne à gauche. Immersion au cœur de Terres du son, dans la peau d’un festivalier.

Le site de Terres du son a pris ses quartiers est en pleine campagne, au Domaine de Monts, au beau milieu des champs. Tentes sur le dos, duvets dans les sacs, et quelques bières là où on peut, on installe tout notre barda sans problème à l’espace camping. Les emplacements à l’ombre ont été pris d’assauts par les premiers festivaliers. Tanpis, on se pose en plein milieu. A la sortie du champ, un coin douche et toilettes, à droite. A gauche, un petit chapiteau qui accueille les derniers fêtards sur le festival à partir de 3 h du matin, après les derniers concerts. Mais il est déjà 18 h 15, on prend vite la direction du site des concerts. FKJ ouvre le bal sur la scène centrale, Ginkgo !

 

La sécurité est renforcée après les incidents qui ont touché plusieurs festivals en 2016. Il faut passer un premier contrôle à la sortie du camping, puis un deuxième pour entrer sur le site. Parcours semé d’embuche, à la seconde entrée, nous ne pouvons pas entrer avec nos pass « Presse ». Cette entrée est réservée aux festivaliers. Arf ! On s’inquiète, on négocie, en vain. Finalement, on ruse un peu. Une bénévole est d’accord pour nous faire traverser le site jusqu’à l’entrée réservée à la presse. Et c’est plutôt loin. A mi-chemin, on entend les premières notes de So much to me. FKJ a commencé ! On arrive devant le concert à la deuxième chanson. Il est tôt, mais un peu de public est là, ceux qui semblent déjà bien connaître l’artiste franco-néo-zélandais. Les gens fredonnent ses chansons. Ca chill en douceur, il fait chaud, French Kiwi Juice enchaîne les instruments : synthé, saxo, guitare, pad… L’une de ses machines est cachée par une couverture de survie. Elle n’a pas résisté au 34 degrés de Terres du son. FKJ est obligé d’improviser… Et on adore !

Nous non plus on ne résiste pas à la chaleur, il nous faut de l’eau. Et une bière. Il y a même de l’IPA, du jamais vu sur un festival. On enchaîne avec Morcheeba. On reconnaît les classiques de la chanteuse britannique et on fredonne avec elle. C’est une reine sur scène. Le site du festival s’est rempli. On a besoin d’un coup de boost. On va faire un tour à la Charcuterie musicale. Fidèle à eux-mêmes, les DJ, dont le célèbre Halouf, enchaînent les blind test avec quatre équipes de festivaliers collées à la caravane Rosita. Les inconditionnels de la charcuterie ne ratent pas l’occasion de pousser la chansonnette, on connaît forcément l’une des musiques de leur playlist, une espèce de pot-pourri génialissime!

Retour devant la scène Ginkgo, la nuit est tombée sur Terres du son. Les deux DJ de Synapson font monter l’ambiance d’un cran. L’étau entre les festivaliers se resserre, les mains en l’air, prêts à se déhancher… Le public les attendait. Et ils ont eu raison. Durant une heure et demie, on danse à l’unisson, comme une belle introduction pour fêter la musique jusqu’au bout de la nuit.

Les concerts s’enchaînent. On profite d’un moment de répit pour manger un petit burger, l’un des seuls stands pour grignoter sur le site des concerts. Mais c’est pas cher et c’est bon, que demander de mieux ?

Keny Arkana clôturera la soirée sur la grande scène Biloba. L’artiste marseillaise présentait son dernier album L’esquisse 3. La rappeuse débite son flow, et ne résiste pas à nous faire J’me barre pour embarquer le public avec elle. Ca marche, on est conquis. Alors, nous aussi, on s’barre, bla bla, le festival on s’barre… Pas de panique, on revient demain avec grand plaisir.

 

Jour 2

Il est 11 h. On se croirait dans un sauna sous la tente. La chaleur n’est pas retombée. On rêve tous d’une douche. Dans les allées, on croise les lève-tôt, cheveux mouillés. Et les autres, qui émergent à midi. Et croient pouvoir prendre une douche rapidos. Il y a quatre cabines et une vingtaine de personnes serviettes sur le dos, gel douche dans les mains, à attendre. C’est sûrement très appréciable, surtout pendant un festival, mais on est plutôt du genre impatiente. Petit café chaud au passage proposé par les bénévoles (super idée !) et on prend l’option coup de flotte sur le visage, brossage de dents et on sort du camping. Direction le gros plus de Terres du son, l’éco-village.

Tartines, rougail saucisses, burgers… Tous les stands pour se requinquer nous font de l’œil. Ouf, on n’est pas condamné au classique sandwich saucisse frites, on va pouvoir se faire plaisir. Mais ce n’est pas tout. Fini de mourir dans sa tente pendant un festival, le temps que les concerts commencent. Échecs et puissance 4 géants pour jouer, crieurs publics pour s’amuser, Sea Shepherds ou France nature environnement pour s’informer… L’éco-village a tout compris. Il y a même des spectacles proposés sur une petite scène par les associations ou groupes du coin. Et de quoi recharger son téléphone !

L’écovillage est animé jusqu’à minuit. Mais vers 16 h 30, on file sur le site des concerts. Pas question de rater l’entrée en scène de Camille, scène Gingko. Il fait extrêmement chaud, mais le public s’est passé le mot, on veut tous être aux premières loges pour voir la chanteuse. En plein jour, on la voit débarquer dans sa longue robe bleue. Même code couleur pour ses musiciens et choristes. Les fans sont là, mais Camille réussi à embarquer tout le public avec elle. Sa voix est puissante, sa présence naturelle. Camille est drôle et sensible. Malgré la chaleur, elle donne tout. Et même ses chansons les plus connues. On en redemande, on veut un rappel, on ose y croire… Mais c’est déjà la fin. Qui dit mieux ?

Peut-être Faada Freddy. Il fait ce qu’il veut avec sa voix et l’utilise, à l’instar de Camille, comme un instrument à part entière. A l’heure où le soleil se couche, le Sénégalais devient roi de la soul. Aucun instrument ne l’accompagne, mais six choristes donnent le rythme et jouent des percussions corporelles. L’ensemble est bluffant et l’énergie du gospel ultra communicative.

Dans un tout au registre sur la même scène, une heure plus tard, on tente Gojira, un groupe de métal. On finit par s’écarter le plus loin possible tellement on ne s’entend plus. Mais Gojira a son public, déchainé devant la scène. On attend Birdy Nam Nam avec impatience. Nous ne sommes pas les seuls. On tente de s’approcher, on est encore loin. Tant pis, leur son electro est puissant et vient jusqu’à nous. Terres du son sonne les douze coups de minuit et pendant plus d’une heure, leurs trois platines font danser la foule et se laissent tenter par un style plus techno. On adorait le groupe à ses débuts, il y a dix ans. On est légèrement déçus, mais c’était parfait pour achever la soirée.

 

Jour 3

On s’est fait envoûter par la voix d’Isaac Delusion, réchauffer sous la pluie par le son tropical de Polo&Pan (lire notre interview), surprendre par l’electro chill de Petit biscuit et achever par Môme, après trois jours de festival, pour le plaisir des oreilles et des derniers pas de danse. C’était intense, merci Terres du son ! Continuez l’eco-village, la programmation éclectique, la charcuterie musicale, les points d’eau, les crieurs publics, la prévention sur le camping, les rangées de toilettes sèches, les douches froides et l’IPA au bar…

 

Valentine Vilboux & Jeanne de Barros

Crédits Photos : Terre du Son Officiels

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Milou

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