[Chronique] Cosmo Sheldrake, dans la lignée de Pierre Schaeffer

A la libération, Pierre Schaeffer, polytechnicien invente la musique concrète, c’est-à-dire une musique de sons. Estimer les bruits comme purs éléments sonores, détachés de leur référence, ils deviennent une pièce à composer. Schaeffer ira même plus loin en travaillant sur un solfège de cette musique et donnera naissance au Traité des objets musicaux (1966).
Sur l’intention d’écoute, il écrira « il est à peu près impossible d’écouter un discours uniquement pour son organisation sonore ; par contre, c’est plus accessible avec un fragment de ce discours ou un fragment de bruit familier isolé, répété, parce que l’événement et le sens n’y apparaissent qu’en partie et que la répétition les dilue davantage »
Pierre Schaeffer analysera, manipulera même la matière sonore jusqu’ici réservée aux instrumentistes.


« Le son est une chose qui nous envahi a travers les oreilles est qui est impossible à isoler »

Back to 2016, MPC 500 et enregistreur haut de gamme, Cosmo Sheldrake perpétue la tradition « concrète ». Cosmo (c’est son vrai nom) est londonien. Pelicans We, c’est le nom de son premier EP paru en 2014, lui qui avait été programmé aux Transmusicales de Rennes la même année. « The rich » figure parmi l’une de ses compositions les plus écoutée, le multi instrumentiste devrait d’ailleurs annoncer la sortie de son premier album courant 2016. Génie de la musique, il l’enseigne, la produit et se l’attribue. Afin de présenter ses différentes tracks, Cosmo Sheldrake a pris l’ingénieuse habitude de se filmer dans ces lieux ou il à lui-même réalisé la captation sonore. Par le biais de son clip Solar, il créé une situation musicale et arrive sans contestation à transformer des choses intempestifs en sons positifs. Créateur d’histoire, il dissimule en parallèle sa voix et quelques notes de synthé soigneusement harmonisée. Le tout sur fond de ruralité bulgare. Un plaisir visuel et auditif qui invite chacun de nous à écouter notre quotidien avec plus d’attention, au grand bonheur de Pierre Schaeffer, François Blaye et autre Pierre Henry.

Pierre Schaeffer, déjà, s’était pris d’amour pour des sons tout aussi naturels. Équipé de magnétophones d’après guerre, sa première œuvre « Étude de bruit » en 1948 est un échantillonnage de tout ses sons. Il serait donc à l’origine des premiers samples?
Certes, mais pas tout seul. Pierre Henry, qui fera la rencontre de Schaeffer à également joué un rôle important à l’évolution de la musique électronique, sur fond de sons de cloches.

A n’en pas douter, les deux hommes reposent légitimement dans les grands courants musicaux trans, ambient ou encore électro. Ils ont permis l’ouverture d’une brèche considérable à l’évolution musicale électronique. Soixante ans ont passés depuis l’Étude de bruit, pourtant, Cosmo Sheldrake reprend le concept sonore majeur soutenu par Schaeffer et ses amis du groupe de recherche musicale (GRM).

About the author

Jokas

View all posts