[Live Report] La Sottise présente Degiheugi / Cheeko & Blanka

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Il y a des ballades en voiture qui ne finissent jamais. Une foule de personnes dans les rues nantaises, les boulevards bouchés, des passants partout, des barrages provisoires alors forcément, tu prends les sens interdits et ce sentiment que tu es le prince de la route. Ah qu’cest bon !

Ils font quoi tous ces gens ? On les a mis au courant que la capacité d’accueil du Ferrailleur est de 280 places ?! Messieurs ! Ce n’est pas parce que c’est le Carnaval qu’on peut se permettre la voie de bus… Allons circulez. Carnaval ou pas, c’est pourtant vers le Quai des Antilles qu’il fallait être dès 20h pour l’ouverture de la soirée hip hop organisée par la Sottise.

La Sottise ? C’est cette bande de trois potes qui organisent des soirées depuis bientôt 8 ans. Spécialisés dans les soirées clubbing au Batofar de Paris mais tous les trois fans de hip-hop, ils en sont venus à un constat singulier : « Passer du hip hop à 3 h du mat dans les soirées clubbing, c’est parfois compliqué alors on en est revenu à nos premiers amours“ atteste Sleman, le président de la Sottise. En plus d’une programmation dénichée à l’oreille, les trois compères ont la fâcheuse habitude de faire durer les soirées en jouant leurs propres sets. Aux platines? Dj Sorry Daddy et French Doctors alias Sleman et Joachim, les programmateurs.

Les gars ne se le cachent pas « on aime pas préparer nos sets et en plus de ça, on a la particularité de les terminer par Michel Berger…Si on en est là aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à lui, faut pas oublier d’où on vient quand même« . Merci Michel.

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Ce n’est pas la première fois que La Sottise programme Degiheugi. Déjà en octobre dernier à l’IBOAT de Bordeaux.

Après un premier dj set des programmateurs en guise d’intro, le Ferrailleur, bien garni, est plongé dans la pénombre, nous annonçant l’entrée imminente de Degiheugi. Ça fait un peu rockstar dit comme ça mais avouons-le, chez LDC, il en est une depuis longtemps.

21h35 : « Oui il est revenu, sans un regret », gros sample de Nathalie Simard qui précède un puissant DE-GI-HEU-GI…
Le live débute sur une très bonne note et ça s’extasie déjà dans le public. Le dénicheur de samples enchaîne : Betty, Kolkata, les morceaux du dernier album en prennent pour leurs grades et on voit déjà pas mal de déhanchés.

Kolkata se termine sur une note presque psychédélique pour enchaîner aussitôt sur du Bardot et ce morceau : C’est un jour comme un autre. Là, Le public est aux anges. Faut dire que Degiheugi part à l’assaut d’un public conquis d’avance. Les fans sont là.

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Il enchaîne aisément, lui qui était encore peu connu de la scène il y a trois ans, et ça fait plaisir à voir. L’évolution entre son premier concert à Angers en 2013 et aujourd’hui est flagrante. Plus dynamique mais aussi plus communicatif, et ça se ressent dans le public.

Late at Night, doux et mélancolique sur l’album Abstract Symposium captive tout le monde avec les visuels de Sin City en arrière plan, un délice.
Degiheugi est lancé… Ça groove, ça chante, ça sautille, beaucoup de sourires, c’est le bref tableau que renvoient les projos du Ferrailleur.

Les morceaux plus hip hop interviennent et font le taff… Touché !Qu’attendez-vous de moi, Oh Yes !, il les fait toutes ! On notera l’énorme satisfaction du public sur Le Temps Est Bon, titre devenu LE tube à connaître. Les copines s’embrassent, c’est top. Les 300 personnes reprennent en cœur la chanson samplée d’Isabelle Pierre et pendant ce temps là, Degiheugi scratch à mort. L’Improvisation au Ukulélé semble être le dernier titre d’un concert jusqu’ici très bon. C’était sans compter sur l’engouement des personnes présentent ce soir. Quelques secondes après être sorti de scène, le revoilà et c’est un dj méconnaissable qui revient aux avant-gardes du ferrailleur.

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Des morceaux inconnus qui frôlent le Drum&Bass. De quoi planter le décor pour le prochain album ? Du moins, c’est une belle conclusion avant d’annoncer Cheeko & Blanka qui suivront derrière.

Le concert de Degiheugi terminé, la lumière révèle les fans venus très nombreux. Grosse pinte et grosse clope pour bavarder de ce live dans la joie et la bonne humeur. On peut entendre certains à la sortie de la salle chanter « le temps est bon, le ciel est bleu…j’ai deux amis qui sont aussi mes amoureux ». « Depuis le temps que j’écoute, c’est mortel de le voir en live, il déboîte » braille Matthieu. Valentine est aussi du même avis « Énorme, ça fait un an qu’on écoute, alors oui, ça fait du bien de danser sur Degiheugi« .

On boit sa bière, on se raconte des blagues carambar, chez LDC on fait partie de ceux qui squattent dehors toujours trop longtemps. Tellement longtemps que Cheeko & Blanka (alias le duo le plus cool du moment !) étaient déjà sur scène avec leurs super chemises bariolées.

On connaissait déjà Cheeko comme l’un des trois MC’S de Phases Cachées, qui œuvrent depuis plusieurs années au bon fonctionnement du Rap Français… et un bon habitué de la scène. A côté, Blanka c’est les machines, connu pour creuser ses beats avec La Fine Equipe ou encore Jukebox Champions. Collectivement, c’est un condensé de funk et de hip-hop surprenant qu’ils défendent assurément pendant leur live énergique et communicatif. Faut dire que c’était bien leur intention quand ils ont poussés les portes du Ferrailleur. Foutre le bordel. Et il n’y a pas de doutes, ça a bien fonctionné. Le public a marché, et nous aussi. Avec des titres comme Oberkampf, ode à la rue parisienne et Trop Cool, les mecs enflamment la salle et font bouger les culs. Les mains sont toutes en l’air, il y a des ballons pour tout le monde.

Une engueulade de voisin, un p’tit morceau de La Boulangerie et c’est au tour de Cheeko d’envoyer ce qu’il sait faire avec succès : le freestyle. Un sac à main récupéré dans le public (au passage, celui de notre Valentine) et c’est parti pour une totale impro autour des objets qui se cachent à l’intérieur. Blague à tabac, portefeuille, rouge à lèvre… Cheeko déballe avec une furieuse facilité, fidèle à sa réputation. Au passage, un petit remix du titre Open Wide de Guts, celui qui a fait se rencontrer les deux artisans.

Le slam de Cheeko et Blanka annonce une fin de live menée avec l’envie de rendre les gens heureux. C’est plaisant à voir et à écouter pour ce projet commencé il y a peu avec un EP 7 titres (dont 2 remixes) paru en mars dernier.

Le Ferrailleur bouillonne et c’est loin d’être terminé. La soirée durera jusqu’à 4h avec les sets des French Doctors et Sorry Dady, entre électro-swing, hip-hop et grosse basse qui tabasse. Trop important pour ne pas le souligner, la dernière note musicale sera à mettre au profit de Michel Berger avec La groupie du pianiste. Incontestablement, l’homme sans qui personne n’aurait été là ce soir et ce n’est pas les gars de La Sottise qui diront le contraire.

 

A ce propos, les projets pour la suite ? « On se lance depuis peu dans l’Open mic avec L’ Escale Tropicale sur Bordeaux et d’autres aussi pour faire profiter les gens et faire découvrir des mc’s peu connus » annoncent les gars de l’asso. Le 22 juin prochain, l’équipe aura à nouveau carte blanche au Batofar de Paris avant de s’envoler direction Ovifat, dans l’est de la Belgique ou ils auront leurs propre plateau au festival NoName les 1 et 2 juillet.

Co-rédigé par l’équipe (Teo, Jokas, Milou)

 

Crédits Photos : Tristan Johan, LDCmusique

Le site internet de La Sottise 

Et pour choper gratuitement l’EP de Cheeko et Blanka, c’est par ici

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