[REPORT] Ôde à la perche !

Cela va faire maintenant près d’un mois que la 5ème édition du Festival Château Perché s’est achevée en laissant derrière elle une pléiade d’orphelins marqués par une session forte en émotions. Armée d’un site inédit, d’une programmation riche et variée et d’un climat proche de la perfection, la Perche n’a pas eu à se faire désirer, bien au contraire, tous les voyants étaient au vert pour monter haut, toujours plus haut.

En compagnie de mon acolyte d’infortune, nous quittâmes, la ville de Lyon le vendredi en début d’après-midi ceinturés dans une 4L de compétition, direction le Château d’Avrilly. Le trajet se passe à merveille jusqu’aux abords de Trévol (ultime ville étape avant le site) où se profile au loin un embouteillage fort inquiétant. Des gamins du village excités comme des puces à voir cette activité inhabituelle caftent à qui veut l’entendre que la patrouille arrête toutes les voitures dans le virage du bourg. Je pars en mission de repérage, constate que les gamins disaient vrai mais aussi que l’embouteillage risque de nous faire arriver sur le site 3h plus tard. À mon tour de cafter ces informations à mon acolyte mister V qui, prenant le taureau par les cornes, décide de rebrousser chemin et par un tour de passe-passe inavouable nous nous retrouvons 30 minutes plus tard devant la grille d’entrée du site.

Ça y est, nous y sommes !

Après avoir déballé tout mon attirail devant les charmants agents de la sécurité et constaté que certain(e)s perché(e)s étaient déjà chauffé(e)s à blanc, nous entrâmes sur le site accompagné de deux nouveaux compagnons. Légèrement perturbé par ce changement radical d’ambiance mes premiers pas sont hésitants, je suis en pleine phase d’adaptation. Néanmoins, le camping n°1 est des plus accueillant, de nombreux stands à proximité ainsi qu’une scène et les sanitaires à 50 mètres de notre campement d’infortune. Bref, de nouveaux camarades se joignent à nous et il est décidé d’investir le site des concerts dans un futur proche, on nous vend du rêve comme quoi à l’intérieur on en prend plein les mirettes.

A l’abordage ! Au crépuscule nous découvrons le lieu de la perche en devenir et force est de constater que mes camarades n’en ont pas rajouté. Les premiers pas s’opèrent par un petit chemin étroit et parsemé d’arbres qui couvrent nos têtes étonnées, nos guides perchistiques nous font faire le tour du propriétaire et nous découvrons peu à peu diverses scènes de toutes tailles allègrement décorées et colorées où la nature a une place de choix. Nous découvrons enfin le château lors de notre passage sur la scène principale qui offre un magnifique paysage en contreplongée sur le domaine d’Avrilly.

Nous sommes ravis et sentons que l’enchantement monte progressivement, sensation bien aidée par ce sentiment collectif que nous allons bien profiter durant ce week-end. En longeant l’étendue d’eau (efficacement sécurisée) nous passons l’entrée du château et nous retrouvons dans la cour où des gens savamment déguisés et maquillés déambulent sur les graviers. En face de nous s’érige le château, derrière lui la scène techno principale surplombant l’étendue d’eau, à notre gauche la scène japonaise devancée par son Torii (un portail japonais traditionnel) ainsi que l’accès à la plaine, enfin, à notre droite la scène berlinoise qui s’avérera être notre lieu de prédilection.

Nous nous faufilons par la suite entre une palanquée de perché(e)s en kimono, un samouraï sacrément armuré avec des yeux fous et un trublion préhistorique sorti tout droit du film RRRrrr !

Arrivés sur ladite plaine, vaste lieu herbé où trône l’empire des foodtrucks, nous nous délectons d’une assiette d’aligot saucisse et de Chouffes pression (oui oui de la Chouffe !!!) car des forces il nous faudra. Notre curiosité nous guidera par la suite vers la scène Orée de la Clairière, lieu pittoresque de part sa petite taille et son atmosphère très agréable. Nous, nous y trémousserons au doux rythme de sonorités d’Amérique latine, cumbiesques. Après un passage radicalement plus agité devant la scène berlinoise et ses slameurs fous, nous entreprîmes de découvrir l’ultime scène posée en amont de la plaine dans les anciennes écuries du domaine. Notre procession n’en finit plus d’en prendre plein les yeux, une nouvelle fois l’endroit est superbe, la bonne qualité du son est à souligner et la foule affiche un sourire béat qui ne s’effacera pas avant le lundi suivant.

La suite du week-end ressemblera fortement à ce premier contact, l’effet de surprise en moins, mais avec toujours autant de joie et de folies. Nous ressortirons toutes et tous de ce lieu fatigués, comblés, perchés. Bien que le retour sur terre s’avérât des plus complexes, je dois reconnaître que cette 5ème édition du Festival Château Perché fût, à mes yeux, une superbe aventure qui, je l’espère, se renouvellera l’année prochaine.

Perchées, Perchés, merci.

Léo Bouillard, infiltré LDC.

Crédits photos : Gabrielle Lepissier

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